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Diagnostics immobiliers obligatoires : comment y faire face

Introduction : un passage obligé, mais souvent mal compris

 
Depuis l’entrée en vigueur de la loi Carrez en 1997, les diagnostics immobiliers se sont imposés comme des étapes incontournables dans les transactions immobilières françaises, dans un contexte où le besoin et la nécessité de transparence et de sécurité sont devenues primordiales.
 
En effet, une étude récente du ministère de la Transition écologique révèle que 87% des litiges post-transaction concernent des défauts non détectés lors des diagnostics initiaux, démontrant d’autant plus l’importance d’une mise en application rigoureuse de ceux-ci.
 
Ils influencent directement les dynamiques d’achat, de vente et de valorisation des biens, avec un marché estimé entre 1,4 et 1,6 milliards d’euros en 2024, et doivent être réunis dans un dossier de diagnostic technique (DDT), rendu obligatoire par la loi SRU de 2000 qui doit être annexé à la promesse de vente ou à l’acte authentique de vente conformément à l’article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation.
 
Mais quels sont exactement ces diagnostics obligatoires et comment influencent-ils le marché immobilier ? Pourquoi certains font-il échouer des ventes tandis que d’autres deviennent des leviers de négociation ? Cet article décrypte les 10 diagnostics obligatoires, leurs implications juridiques, leur impact sur le marché, en intégrant des retours d’experts, des exemples concrets et des données chiffrées, et vous livre des stratégies pour en tirer profit, que vous soyez vendeur, acheteur ou investisseur.
 
 

1. Historique et évolution des diagnostics obligatoires : une mise en place progressive

Comme le souligne François-Philippe Croué, président du groupe Atemis :  » En novembre 2006, le DPE a été rendu obligatoire pour pouvoir mettre en vente son bien immobilier, la note du DPE devant figurer dans l’annonce. En 2007, le DPE a également été rendu obligatoire pour la location. En 2011, une première réforme en a fait un outil opposable en justice, ce qui induit qu’il doit être effectué par un professionnel certifié à l’Adème et inscrit au Registre du commerce, donc assuré car sa responsabilité est engagée « .
Depuis 2021, le DPE a été renforcé pour devenir plus fiable et opposable. Les nouvelles règles, applicables depuis 2023, visent à accélérer la rénovation énergétique des logements et à atteindre les objectifs climatiques fixés par la France.
 

1.1 Qu’est-ce qu’un diagnostic immobilier ?

Un diagnostic immobilier est un contrôle technique réalisé par un professionnel certifié, visant à évaluer l’état d’un bien immobilier. Ce contrôle fournit des informations essentielles sur la sécurité, la santé et la performance énergétique du logement. Il est obligatoire lors de la vente ou de la location d’un bien et doit être regroupé dans un Dossier de Diagnostic Technique (DDT).
L’objectif principal des diagnostics immobiliers est de protéger les acheteurs et les locataires en les informant de l’état général du bien. Ces contrôles permettent de prévenir les litiges et d’assurer des transactions immobilières transparentes.
 
Citation d’expert :
Sébastien Lecouffe, technicien diagnostiqueur chez Defim Boulogne-sur-Mer, explique : «  Le DPE a pour objectif de déterminer le classement énergétique du bien. Il prend en compte la taille de la maison, sa surface habitable, le volume à chauffer, son orientation face au soleil, le nombre de portes et fenêtres, le nombre d’habitants, etc. Tout cela va permettre de mettre une note entre A et G à votre logement « .
 
 

2. Les diagnostics immobiliers obligatoires en 2025 : décryptage

La liste des diagnostics obligatoires varie en fonction de la date de construction du bien, de sa localisation et de la nature de la transaction (vente ou location). Voici un aperçu détaillé des diagnostics les plus courants :

 

2.1 Diagnostic de performance énergétique (DPE)

Le DPE évalue la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre et classe les logements de A (économe) à G (passoire thermique). En 2025, sa validité est réduite à 10 ans, et les anciennes versions antérieures à juillet 2021 deviennent obsolètes.
 
François-Philippe Croué, président du groupe Atemis, souligne l’importance du DPE : «  Il faut savoir qu’en France, à peine 2% des logements obtiennent la note de A « . Cette réalité illustre les défis auxquels le parc immobilier français est confronté en matière de performance énergétique.
 
Impact :
Un DPE défavorable (F/G) réduit la valeur d’un bien jusqu’à -14 % pour les maisons et -22 % pour les appartements, selon les Notaires de France. « Le DPE n’est plus un simple indicateur, c’est un marqueur de valeur », souligne Marie Lambert, experte chez Meilleurs Agents.
 
Impact immédiat :
Un logement classé G se vend en moyenne 18 % moins cher qu’un équivalent en classe C (étude Notaires de France, 2023).
 
Exemple concret :
À Lyon, un appartement F de 70 m² a vu son prix chuter de 250 000 € à 210 000 € après un DPE défavorable. Le vendeur a dû financer 30 000 € de travaux (isolation, chaudière) pour le remonter en classe D.
 

2.2 Diagnostic Amiante (obligatoire pour les biens construits avant 1997)

L’amiante, interdite depuis 1997, reste un fléau pour 30 % du parc immobilier français. Un rapport positif peut entraîner des travaux coûteux (5 000 à 20 000 € pour désamianter une toiture).
 
Exemple concret :
En 2022, un acquéreur à Toulouse a annulé une vente après la découverte d’amiante dans les faux plafonds. Le vendeur a dû baisser son prix de 12 % pour trouver un repreneur.
 

2.3 Diagnostic plomb (CREP, pour les biens antérieurs à 1949)

Le constat de risque d’exposition au plomb (CREP) est indispensable : un taux supérieur à 1 mg/cm² rend la vente impossible sans travaux.
 
Chiffre clé :
40 % des logements parisiens construits avant 1949 présentent encore des risques de saturnisme (ARS Île-de-France).
 

2.4 Diagnostics électricité et gaz

Obligatoires depuis 2018, ces diagnostics identifient les installations dangereuses. Une anomalie électrique entraîne une obligation de mise en conformité sous 6 mois.
 
Conseil de pro :
 » Mieux vaut anticiper les réparations avant la mise en vente : un devis de 2 000 € peut éviter une décote de 10 % « , explique Marc Lefèvre, diagnostiqueur agréé.
 

2.5 Diagnostic termites

Obligatoire dans 54 départements français, ce diagnostic peut bloquer une vente si la présence de termites est détectée.
 
Exemple concret :
À Bordeaux, une maison en vente à 400 000 € a été vendue 360 000 € après la découverte de termites, les frais de traitement s’élevant à 15 000 €.
 

2.6 État des risques et pollutions (ERP)

Ce rapport recense les risques naturels (inondations, séismes) et technologiques (usines classées SEVESO).
 
Impact :
À Nice, des biens en zone inondable se vendent 20 % moins cher que des équivalents sécurisés.
 

2.7 Diagnostic Loi Carrez (mesure de la surface privative)

Une erreur de surface de plus de 5 % permet à l’acquéreur de demander une indemnisation.
 
Affaire marquante :
En 2021, un promoteur parisien a été condamné à rembourser 50 000 € pour une surface surestimée de 6 m².
 

2.8 Le diagnostic assainissement non collectif (ANC) 

Pour les biens équipés d’un système d’assainissement individuel.
 

2.9 Le diagnostic bruit (ENSA) 

Pour les biens situés dans une zone répertoriée par un plan d’exposition au bruit.
 

2.10 L’audit énergétique 

Depuis le 1er janvier 2025, il est obligatoire pour la vente des maisons individuelles et des immeubles en monopropriété classés E au DPE, en plus des biens classés F et G.
 

2.11 Pour la location d’un bien immobilier

Pour la location, certains diagnostics sont également obligatoires :
 – Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) : obligatoire depuis 2007.
 – Le diagnostic plomb (CREP) : pour les logements construits avant 1949.
 – L’état des risques et pollutions (ERP) : pour les biens situés dans une zone à risque.
 – Le diagnostic bruit pour les zones concernées.
 – Le diagnostic amiante pour les biens construits avant 1997.
 – Les diagnostics gaz et électricité pour les installations de plus de 15 ans.
 – Le diagnostic Loi Boutin : pour calculer la surface habitable du logement.
 
 

3. Impact sur le marché immobilier : entre décotes et opportunités

Les diagnostics immobiliers ne sont pas de simples formalités administratives ; ils exercent une influence considérable sur le marché immobilier, tant au niveau des prix que des comportements des acteurs.
 – Transparence et confiance : en fournissant des informations détaillées sur l’état du bien, les diagnostics renforcent la confiance entre acheteurs et vendeurs.
 – Valorisation des biens : les biens affichant de bonnes performances énergétiques (classe A, B ou C) sont valorisés, tandis que les « passoires thermiques » (classe F ou G) peuvent voir leur prix diminuer.
 – Obligations de rénovation : les diagnostics peuvent révéler la nécessité de réaliser des travaux de rénovation énergétique, ce qui peut influencer la décision d’achat ou de location.
 – Restrictions de location : depuis 2025, les logements classés G ne peuvent plus être mis en location, ce qui incite les propriétaires à réaliser des travaux d’amélioration.
 – Prévention des litiges : en informant les parties sur les risques potentiels, les diagnostics contribuent à prévenir les litiges et les actions en justice.
 

3.1 Valorisation des biens performants

Les biens classés A/B se vendent 6 à 22 % plus cher que ceux classés D, avec des écarts régionaux marqués :
 – +22 % en Occitanie pour les appartements.
 – -10 % en PACA pour les logements F/G.
 

3.2 Réorientation des investissements

 – 87 % des acheteurs considèrent le DPE comme un critère décisif.
 – Les propriétaires de passoires thermiques optent massivement pour la vente plutôt que la rénovation, créant un marché de biens à décote.
 

3.3 Impact macroéconomique

Le secteur prévoit :
 – 15 000 créations d’emplois d’ici 2026 pour répondre aux normes RE2020.
 – +22% d’investissements dans les technologies de diagnostic.
 – Harmonisation européenne des critères énergétiques d’ici 2027.
 

3.4 Impact sur le marché de la rénovation énergétique

Le renforcement des exigences en matière de performance énergétique stimule le marché de la rénovation énergétique. Les propriétaires sont de plus en plus nombreux à entreprendre des travaux pour améliorer la note de leur DPE et valoriser leur bien.
 
Citation d’expert :
«  Si vous recherchez un prestataire de rénovation énergétique, sachez que certaines entreprises se sont spécialisées dans l’éradication de mauvais DPE. Avec eux, vous aurez la garantie d’obtenir une note suffisante pour continuer à louer votre bien (ou vendre au bon prix) malgré la nouvelle réglementation liée aux passoires énergétiques « .
 

3.5 Impact sur les transactions

 – Délais de vente : +37% pour les biens classés F/G vs A/B (Baromètre FNAIM 2024).
 – Taux d’abandon : 12% des acheteurs renoncent après découverte de diagnostics défavorables.
 – Négociations : 68% des transactions incluent des rabais liés aux travaux identifiés.
 
Citations d’experts :
 » Les diagnostics transforment le marché en système d’information asymétrique au profit de l’acheteur « , analyse Marc Duval, expert à la Fédération des Diagnostics Immobiliers.
 
 » Un logement classe G en 2024, c’est comme une voiture sans contrôle technique : invendable sans rabais significatif « , analyse Sophie Martin, directrice d’Orpi Paris.
 
Statistiques :
– Les passoires thermiques (F/G) représentent 17 % des ventes en 2024, contre 25 % en 2021 (ADEME).
– Les biens A/B se vendent 30 % plus vite et avec une surcote de 5 à 15 % (Baromètre SeLoger).
 
Étude de cas :
À Nantes, un investisseur a acheté une maison classée G à 200 000 € (-25 %), investi 50 000 € en rénovation (isolation, pompe à chaleur), et l’a revendue 320 000 € (classe B).
 

3.6 Les diagnostics, armes de négociation massive

Les acheteurs utilisent les rapports pour justifier des baisses de prix.
 
Exemple :
À Marseille, un couple a obtenu une réduction de 15 000 € sur un appartement après la détection d’un risque électrique.
 

3.7 Un marché locatif sous tension

Depuis 2023, louer un bien classé G est interdit.
 
Résultat :
– + 40 % de mises en vente de logements énergivores en Île-de-France (Chambre des Notaires).
– + 22 % des loyers pour les biens rénovés (étude PAP.fr).
 
 

4. Comment bien préparer son logement pour les diagnostics ?

La préparation du logement pour les diagnostics immobiliers est une étape essentielle pour garantir le bon déroulement des expertises. Voici quelques conseils pratiques :
 
Rassembler les documents nécessaires :
 – Les plans du logement.
 – Les factures d’entretien des installations.
 – Les précédents diagnostics.
 – Les contrats de maintenance.
 – Les factures de travaux réalisés.
 
Ces documents permettront au diagnostiqueur d’avoir une vision plus complète de l’historique du bien et de ses installations.
Faire le tour du logement : repérer d’éventuels dysfonctionnements ou dégradations à réparer.
Libérer les accès : faciliter l’accès aux différentes installations comme le compteur électrique, le tableau électrique, la chaudière ou la toiture.
Faire un grand ménage : mettre en valeur le logement et montrer qu’il est bien entretenu.
Tester les installations : vérifier le bon fonctionnement des interrupteurs, prises électriques, robinets et de la ventilation.
 
Citation d’expert :
 » Une maison bien entretenue est la clé pour des diagnostics immobiliers réussis. En prenant le temps de préparer son logement en amont, vous mettez toutes les chances de votre côté pour que les expertises se déroulent sans encombre « .
 

4.1 Le rôle du diagnostiqueur immobilier

Le diagnostiqueur immobilier est un professionnel assermenté dont les missions, les responsabilités et les obligations sont clairement définies. Il réalise les différents diagnostics techniques nécessaires à la vente ou à la location d’un bien.
 
Pour exercer, le diagnostiqueur doit souscrire à trois exigences fondamentales :
 – Indépendance et impartialité : il ne doit avoir aucun lien avec le propriétaire ou une entreprise pouvant réaliser des travaux sur le bien.
 – Compétences, organisation et moyens : il doit disposer d’un certificat de compétence émis par un organisme certificateur agréé.
 – Assurance : il doit souscrire une assurance de responsabilité professionnelle.
 

4.2 La responsabilité du diagnostiqueur 

Un témoignage éloquent d’un diagnostiqueur avec 12 ans d’expérience souligne l’importance de cette responsabilité :  » Après à peine un an de diagnostic, je me suis retrouvé au TGI devant un juge pour ne pas avoir détecté les termites en activité dans une maison sur 5 cm d’une solive haute en plein milieu de la pièce. Une expérience fort désagréable mais constructive « . Ce témoignage illustre parfaitement les enjeux juridiques liés à cette profession.
 

4.3 Où trouver un diagnostiqueur certifié ?

Un annuaire des diagnostiqueurs certifiés est consultable sur le site du ministère en charge du logement. Cet outil permet de trouver facilement un professionnel qualifié dans votre région.
Il est également possible de demander des recommandations à votre agent immobilier, à votre notaire ou à vos proches qui ont récemment fait réaliser des diagnostics.
 

4.4 Comment choisir son diagnostiqueur immobilier ?

Le choix du diagnostiqueur est important pour garantir la qualité et la fiabilité des diagnostics réalisés. Voici les critères essentiels à prendre en compte :

Certifications professionnelles COFRAC à jour pour chaque domaine d’intervention. Sans ces certifications, il n’est pas habilité à réaliser les diagnostics, et s’il les réalise tout de même, ils seront juridiquement invalides.
Assurance responsabilité civile professionnelle : c’est vers le diagnostiqueur qu’il faudra vous retourner en cas de sinistre lié à une cause issue d’un diagnostic défaillant. Il est donc impératif qu’il soit couvert et qu’il dispose bien d’une Responsabilité civile professionnelle.
Durée d’intervention : posez la question du temps nécessaire pour réaliser le diagnostic. Une demi-heure dans un studio, jamais moins de 1h00 à 1h30 pour une habitation familiale, et plus pour des surfaces importantes.
Prix : mieux vaut ne pas opter systématiquement pour le diagnostiqueur le moins cher. Un prix trop bas obligera le diagnostiqueur qui veut être rentable à optimiser son temps, en augmentant ainsi les risques d’erreurs.
Matériel technique : caméra thermique, détecteurs XRF pour plomb.
 
Témoignage d’expert :
Christophe, diagnostiqueur immobilier : « Franchement, pour moi, un diagnostic immobilier est pour l’acquéreur. Il n’est pas pour le vendeur. Le prix devrait atteindre au minimum 600-700 €. […] J’ai l’impression que tout le monde s’imagine que réaliser des diags, c’est simple. C’est un métier très difficile. Il faut avoir des connaissances dans tous les domaines et savoir ce que vous faites. »
 

4.5 Questions complémentaires à poser

Pour faire un choix éclairé, n’hésitez pas à poser des questions supplémentaires au diagnostiqueur :
 – Demandez à voir un rapport de diagnostic type pour vérifier sa clarté et sa lisibilité.
 – Interrogez-le sur les prélèvements de matériaux : à quoi vont-ils servir, quel en est le prix unitaire, qui les analyse et en combien de temps.
 – Demandez s’il prendra le temps de vous expliquer son diagnostic et s’il fera des préconisations d’actions correctives.
 

4.6 Le déroulement d’un diagnostic immobilier

Le déroulement du diagnostic immobilier varie selon la nature du contrôle à effectuer. En général, voici comment se déroule le processus :
Prise de rendez-vous : le propriétaire fixe un rendez-vous avec le diagnostiqueur professionnel et prépare les documents relatifs aux anciens contrôles.
Visite du bien : le professionnel arrive sur les lieux équipé d’un matériel adapté pour effectuer le diagnostic.
Réalisation des contrôles spécifiques :
 – Pour un diagnostic plomb, amiante ou termites : inspection minutieuse de toutes les pièces et prélèvements nécessaires.   – Pour un diagnostic d’installation électrique ou de gaz : examen détaillé des installations.
 – Pour le calcul de la surface habitable : mesures nécessaires de la surface du bâtiment.
 – Pour le DPE : analyse complète de la construction, de l’isolation, etc.
 – Élaboration du rapport : le diagnostiqueur rédige un rapport détaillé présentant les résultats de ses investigations.
 – Remise du rapport : le rapport est remis au propriétaire qui pourra l’annexer au dossier de vente ou de location.
 

4.7 Le coût des diagnostics immobiliers

Coût moyen d’un diagnostic :
 – DPE 100–250 €.
 – Électricité 80 €.
 – Gaz 120 €.
 – Audit énergétique (classe E) 500–1 000 €.
 
Facteurs influençant le prix :
Le prix du dossier de diagnostic technique dépend essentiellement de deux facteurs principaux :
 – La surface du logement.
 – Son année de construction.
 
Plus le logement est grand et ancien, plus les diagnostics sont nombreux et plus le dossier de diagnostic complet coûte cher.
Les tarifs pratiqués par les diagnostiqueurs sont libres et peuvent varier considérablement d’une société à l’autre. Par ailleurs, chez un même diagnostiqueur, le prix d’un diagnostic peut varier selon que vous ayez des exigences précises sur la date et l’horaire du rendez-vous, que vous êtes souple en termes d’horaires, ou que vous acceptez le créneau qui arrange le plus le diagnostiqueur.
 
Témoignage d’expert :
 » Méfiez-vous des diagnostiqueurs qui vous annoncent des prix largement inférieurs à ceux de leurs concurrents ! Ce pourrait être le signe d’un diagnostiqueur qui travaille trop vite et dont la qualité de service laisse à désirer, voire, ce qui est illégal, qu’il est mal formé, mal certifié ou mal assuré « .
 
 

5. Conseils stratégiques : comment tirer parti des diagnostics

Pour les vendeurs :
 – Anticipez : réalisez les diagnostics 6 mois avant la vente pour corriger les défauts de votre bien.
 – Valorisez : mettez en avant les travaux effectués ( » DPE amélioré de G à C en 2023 « ).
 
Exemple :
Un vendeur à Lille a ajouté 8 000 € à son prix de vente après avoir isolé ses combles (gain d’une classe DPE).
 
Pour les acheteurs :
 – Exigez des rapports récents : un DPE de plus de 10 ans est inutilisable.
 – Négociez : utilisez les défauts constatés pour demander une décote ou une prise en charge des travaux.
 
Pour les investisseurs :
 – Ciblez les  » DPE transformables  » : les biens en D/E avec des travaux peu coûteux (ex : isolation à 5 000 €).
 – Méfiez-vous de l’amiante : prévoyez 10 à 20 % du budget pour les diagnostics surprises.
 
Témoignage :
 » J’ai acheté un studio G à Paris 15e à 180 000 € (-20 %). Après 25 000 € de travaux, je le loue 1 100 €/mois avec un DPE B « . – Clara, investisseuse.
 
 

6. Les pièges à éviter absolument

 – Les diagnostics frauduleux : 8 % des DPE seraient falsifiés (DGCCRF). Vérifiez les certifications des diagnostiqueurs.
 – Les aides fantômes : 30 % des dossiers MaPrimeRénov’ sont rejetés par manque de justificatifs.
 – Les délais légaux : un diagnostic électrique a une validité de 3 ans, le DPE de 10 ans.
 
 

7. Conseils pratiques pour les propriétaires et acquéreurs

7.1 Choisir un diagnostiqueur certifié

 – Vérifier les certifications à jour et l’assurance responsabilité civile du professionnel.
 – Privilégier les professionnels proposant un rapport détaillé avec préconisations.
 

7.2 Anticiper les travaux

 – Les aides comme MaPrimeRénov’ couvrent jusqu’à 90 % des frais de rénovation énergétique. Cette aide financière est dédiée à la rénovation énergétique des logements et intervient dans le cadre de travaux de rénovation pour améliorer le DPE. Elle est accessible à tous, mais le montant varie en fonction des revenus du foyer.
 – Installation d’une pompe à chaleur : améliore le résultat du DPE et peut avoir un impact sur les diagnostics électricité ou gaz si elle est liée à une refonte des installations. Elle peut améliorer le DPE de 2 classes.
 – Rénovation énergétique : peut être pertinente quelques semaines avant de mettre le bien en vente, car les acquéreurs ont tendance à surévaluer le coût des travaux à réaliser eux-mêmes.
 – Mise aux normes des installations électriques et gaz : améliore la sécurité du logement et les résultats des diagnostics correspondants.
 

7.3 Conseils d’experts pour des diagnostics réussis

Pour garantir la fiabilité et la précision des diagnostics, voici quelques conseils d’experts :
 
Pour les propriétaires :
 – Soyez présent lors des diagnostics : votre présence peut faciliter l’accès à certaines zones du logement.
 – N’hésitez pas à poser des questions au diagnostiqueur sur les résultats et les éventuelles améliorations à apporter.
 – Conservez soigneusement les rapports de diagnostics, ils peuvent être utiles pour de futures transactions.
 
Pour les acheteurs et locataires :
 – Lisez attentivement les rapports de diagnostics avant de vous engager dans une transaction.
 – N’hésitez pas à demander des précisions sur les points qui vous semblent obscurs.
 – Évaluez les coûts potentiels des travaux qui pourraient être nécessaires suite aux diagnostics.
 – Utilisez les résultats des diagnostics comme levier de négociation du prix d’achat ou du montant du loyer.
 
Témoignage d’expert :
Maître Jean-Philippe Mariani, notaire à Lyon :  » les diagnostics immobiliers sont devenus un outil de négociation incontournable. Un DPE défavorable peut justifier une baisse de prix significative, surtout avec les nouvelles réglementations sur les passoires thermiques « .
 
 

8. Études de cas : stratégies gagnantes

 
Cas 1 : rénovation d’une maison années 60 en Gironde
 – Coût travaux : 35 000 € (isolation + fenêtres).
 – Gain DPE : passage de F à C.
 – Plus-value à la revente : +18 %.
 
Cas 2 : vente rapide d’un appartement parisien classé G
 – Décote initiale : -12 %.
 – Stratégie : vente avant l’entrée en vigueur de l’interdiction de location.
 – Résultat : transaction en 2 mois contre 6 mois en moyenne.
 
Cas n°3 : l’impact d’un DPE défavorable sur une vente
Marie et Pierre souhaitaient vendre leur maison de 120 m² dans la banlieue de Toulouse. Le diagnostic de performance énergétique a révélé que leur bien était classé F, ce qui en faisait une passoire thermique.
Conséquence directe : les premières offres d’achat étaient 15% inférieures au prix du marché.
 » Nous avons finalement décidé d’investir 25 000 € dans des travaux de rénovation énergétique, notamment l’isolation des combles et le remplacement de la chaudière, explique Marie. Après ces travaux, notre maison est passée en classe D, ce qui nous a permis de la vendre au prix du marché, et même de rentabiliser notre investissement « .
 
Cas n°4 : des termites non détectées et leurs conséquences
Un couple de retraités a acheté une maison dans le Sud-Ouest sans prêter attention au diagnostic termites qui indiquait l’absence d’infestation. Six mois après leur emménagement, ils ont découvert une importante infestation qui avait fragilisé la structure de la maison.
 » Après expertise, il s’est avéré que le diagnostiqueur avait fait preuve de négligence en ne vérifiant pas certaines zones difficiles d’accès, témoigne leur avocat. Mes clients ont obtenu réparation auprès de l’assurance du diagnostiqueur, mais ont dû vivre dans un logement insalubre pendant plusieurs mois « .
 
Cas n° 5 : l’impact d’un mauvais DPE sur une transaction
Prenons l’exemple d’un appartement parisien de 80m² mis en vente à 750 000 €. Après réalisation du DPE, le bien est classé F (passoire thermique). Les acheteurs potentiels, informés des futures restrictions concernant la location des passoires thermiques et des coûts de rénovation énergétique à prévoir, ont négocié une baisse de prix de 50 000 € pour compenser les travaux nécessaires. Sans cette transparence apportée par le diagnostic, le vendeur aurait pu maintenir son prix initial, mais aurait risqué des poursuites ultérieures pour vice caché.
 
 

9. Les évolutions futures des diagnostics immobiliers

Le secteur des diagnostics immobiliers est en constante évolution, avec des réglementations qui se renforcent pour répondre aux enjeux environnementaux et de sécurité.
 

9.1 Vers une numérisation des diagnostics

La digitalisation des diagnostics immobiliers est en marche. De plus en plus de diagnostiqueurs utilisent des outils numériques pour réaliser leurs expertises et générer leurs rapports.
 
Témoignage d’expert :
 » La numérisation permet une plus grande précision dans les mesures et une meilleure traçabilité des données, explique Sophie Durand, directrice d’une entreprise de diagnostics à Nantes. Nous utilisons désormais des applications qui nous permettent de réaliser des diagnostics plus rapidement et avec moins de risques d’erreur. Les clients peuvent recevoir leurs rapports par email quelques heures seulement après notre visite « .
 

9.2 Changements réglementaires en 2025 : vers un durcissement

L’année 2025 apportera son lot de changements réglementaires dans le domaine des diagnostics immobiliers. Parmi les évolutions majeures :
 – Interdiction de louer les logements classés G depuis janvier 2025.
 – Durée de validité réduite pour le diagnostic électrique (3 ans contre 6 ans auparavant).
 – Audit énergétique obligatoire pour les biens classés E : à partir du 1er janvier 2025, tout propriétaire souhaitant vendre une maison ou un immeuble en monopropriété classé E par le DPE devra impérativement réaliser un audit énergétique avant de mettre le bien en vente.
 – Fin de validité des anciens DPE : les Diagnostics de Performance Énergétique réalisés avant le 1er juillet 2021 ne seront plus valides. Pour vendre ou louer un bien, il faudra disposer d’un DPE récent.
 – Renforcement des exigences en matière de performance énergétique : le secteur immobilier va être impacté par des exigences accrues en matière de performance énergétique et une réglementation renforcée visant à protéger les consommateurs.
 

9.3 Comment se préparer aux évolutions ?

Pour les propriétaires, il est essentiel d’anticiper les évolutions réglementaires et de prendre les mesures nécessaires pour se conformer à ces nouvelles exigences. Voici quelques conseils pratiques :
 – Réaliser un DPE : faites réaliser un DPE pour connaître la performance énergétique de votre bien et anticiper les éventuels travaux à effectuer.
 – Effectuer un audit énergétique : si votre bien est classé E, F ou G, réalisez un audit énergétique pour identifier les solutions d’amélioration.
 – Planifier des travaux : établissez un plan de travaux en priorisant les actions les plus efficaces pour améliorer la performance énergétique de votre bien.
 – Se tenir informé : suivez l’actualité réglementaire pour  prendre connaissance des dernières évolutions et obligations en matière de diagnostics immobiliers.
 – Faire appel à des professionnels certifiés : pour réaliser les diagnostics et les travaux, faites appel à des professionnels certifiés sur votre secteur.
 
Cas concret :
L’audit énergétique comme outil de valorisation
Laurent, propriétaire d’un appartement parisien classé E, a décidé de réaliser un audit énergétique complet avant même que celui-ci ne devienne obligatoire pour sa catégorie de bien.
 » L’audit m’a permis d’identifier précisément les travaux à réaliser pour améliorer la performance énergétique de mon appartement, explique-t-il. J’ai pu planifier ces travaux par étapes, en commençant par les plus rentables en termes d’économies d’énergie. Aujourd’hui, mon appartement est classé C, ce qui représente une plus-value significative et me permet d’éviter les restrictions de location qui toucheront bientôt les logements moins bien classés « .
 

9.4 Perspectives d’avenir : vers un marché 100 % sécurisé ?

Les tendances réglementaires 2025-2030 :
 – Généralisation du DPE opposable.
 – Intégration du bilan carbone dans les diagnostics.
 – Contrôle connecté : IoT pour suivi en temps réel des installations.
 – 2028 : interdiction de location étendue aux logements classés F.
 – 2034 : objectif national d’élimination des passoires thermiques (classes E à G).
 
Ces échéances constituent une véritable révolution pour le marché immobilier français, comme l’explique Thierry Marchand, président de la Fédération des Diagnostiqueurs Immobiliers :
 » Nous assistons à une transformation profonde du parc immobilier français. Les propriétaires qui n’anticipent pas ces évolutions réglementaires risquent de voir la valeur de leur bien s’effondrer ou de ne plus pouvoir le louer « .
 
Évolutions possibles à l’horizon 2030 :
 – Une généralisation des DPE A/B grâce aux rénovations.
 – Une obligation d’audit énergétique pour toutes les ventes (projet de loi en discussion).
 – Une hausse des contrôles sur les diagnostics amiante et plomb.
 
De nouveaux diagnostics pourraient également faire leur apparition dans les années à venir, notamment concernant :
– La qualité de l’air intérieur.
– L’exposition aux ondes électromagnétiques.
– L’accessibilité aux personnes à mobilité réduite.
 
Ces nouveaux diagnostics répondraient à des préoccupations croissantes en matière de santé, d’environnement et d’inclusion.
 » Les diagnostics ne sont plus une contrainte, mais une opportunité de valoriser son patrimoine « , conclut Éric Leclerc, président de la FNAIM.
 
 

Conclusion : les diagnostics, un levier pour un marché immobilier plus transparent et durable

Les diagnostics immobiliers obligatoires, loin d’être de simples formalités administratives, sont devenus des outils essentiels pour garantir la transparence et la sécurité des transactions immobilières. Ils permettent aux acheteurs et locataires de disposer d’informations précises sur l’état du bien et ses performances, tout en incitant les propriétaires à entreprendre des travaux de rénovation pour améliorer la qualité de leur patrimoine.
 
L’impact de ces diagnostics sur le marché immobilier est considérable et ne fera que s’accentuer dans les années à venir, avec le renforcement progressif de la réglementation, notamment en matière de performance énergétique. Les biens les mieux notés bénéficieront d’une prime sur le marché, tandis que les passoires thermiques verront leur valeur diminuer significativement.
 
Pour les propriétaires, l’anticipation est le maître-mot. Réaliser des diagnostics avant même de mettre son bien sur le marché permet d’identifier les points faibles et d’entreprendre les travaux nécessaires pour maximiser la valeur du bien et faciliter sa vente ou sa location.
Pour les acheteurs et locataires, les diagnostics constituent une mine d’informations précieuses pour évaluer la qualité d’un bien et anticiper d’éventuels travaux ou dépenses futures. Ils sont également un outil de négociation efficace pour ajuster le prix en fonction de l’état réel du bien.
 
Comme le résume parfaitement Jean-Marc Torrollion, président de la FNAIM :  » les diagnostics immobiliers sont aujourd’hui au cœur de la transition écologique du parc immobilier français. Ils constituent à la fois une contrainte et une opportunité : une contrainte pour les propriétaires qui doivent s’adapter à une réglementation de plus en plus exigeante, mais aussi une opportunité pour valoriser leur patrimoine et contribuer à la lutte contre le changement climatique « .
 
Dans ce contexte, le rôle des diagnostiqueurs immobiliers est plus important que jamais. Leur expertise et leur professionnalisme sont les garants de la fiabilité des informations fournies et, par extension, de la confiance dans le marché immobilier. Choisir un diagnostiqueur certifié et expérimenté n’est donc pas une simple formalité, mais bien un investissement pour sécuriser sa transaction immobilière.
 
En définitive, les diagnostics immobiliers obligatoires, bien que parfois perçus comme une contrainte, contribuent à l’émergence d’un marché immobilier plus transparent, plus sûr et plus durable. Ils incitent l’ensemble des acteurs du secteur à prendre en compte les enjeux environnementaux et sanitaires dans leurs décisions, et participent ainsi à la nécessaire transition écologique du parc immobilier français.
 
 

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